Publié par : Mébahiah | 15 février 2012

Il convient de changer sa manière d’entrer en relation avec autrui

Présentement, ce qui importe le plus, pour chacun, c’est de se tirer de l’enfermement, soit de toutes ces conceptions erronées qui maintiennent dans l’Illusion, liant à la densité et à la dualité.  Or, l’une des plus grandes fictions que l’être humain aime entretenir, c’est celle de relations particulières ou privilégiées, comportant une part d’exclusivité, avec un autre individu.  Ainsi, s’imposant de multiples contrats imaginaires, car de tels engagements n’existent pas dans aucun autre plan de la Conscience cosmique, il se sent diversement lié aux gens qui l’entourent, à la même époque, leur accordant un traitement spécifique et particulier, ce qui le maintient dans le système karmique et l’empêche de réaliser l’Unité du Tout.

Ainsi, au-delà des affinités naturelles, propres à tous, il se pense obligé d’aimer davantage l’enfant qu’il a mis au monde et de lui donner plus qu’à un autre enfant;  d’accorder plus d’importance à ses parents qu’aux autres parents; à  ses frères et sœurs qu’aux autres enfants du voisinage;  à ses amis intimes et à ses êtres chers qu’à ses autres connaissances;  à son partenaire de vie ou son conjoint qu’aux autres adultes;  aux gens des associations auxquelles il appartient qu’à ceux de celles auxquelles il n’a pas adhéré; à témoigner plus de loyauté à son patron qu’aux autres patrons.  Et c’est ainsi que la société finit par se morceler au gré des contrats, pourtant fictifs et aléatoires, que chacun s’est imposé pour se donner une impression, pourtant fausse, de force, de sécurité, d’appartenance, de cohésion, de solidarité et quoi encore.

Pourtant, tout cela ne repose que sur l’insécurité qui amène à développer des liens d’autant plus possessifs et coercitifs que l’insécurité est grande.  C’est justement ce qui explique les crimes d’honneur où le comportement apparemment erratique d’un membre du clan est censé entacher la réputation de toute la tribu et imposer le resserrement des coudes pour mettre au pas le mouton noir ou la brebis galeuse.  En outre, pouvant même s’en faire un devoir, ils s’arrogent un droit de regard et d’ingérence, soit le droit de se mettre le nez dans les affaires de leurs intimes, comme s’ils étaient, en certaines matières ou sous divers rapports, dénué de leur liberté.

En cette matière, on peut assurer sans crainte de se tromper que c’est dans les familles que se vivent les relations humaines les plus irrespectueuses et intrusives du fait que les gens ne savent pas vivre et laisser vivre, se mêler de leurs propres affaires et le bien faire, en laissant leurs pairs faire de même.  N’est-ce pas par erreurs et réussites qu’un être doit mener ses propres expériences pour accéder à la dextérité, à la compétence, à la maturité, à la maîtrise.  C’est dans l’action qu’un être découvre, par les résultats qu’il obtient, les limites de son savoir.

On reproche souvent aux instructeurs spirituels de dire et de répéter des banalités, d’émettre des truismes, de rappeler des faits d’évidence du genre de ceux qui précèdent.  Pourtant, si certaines de leurs observations sont si évidentes pour tous, comment se fait-il que la société change aussi peu et aussi lentement pour ce qui a trait à la qualité des relations humaines?  Est-ce par masochisme, par sadisme ou par simple esprit de rébellion qu’elle maintient certains comportements aussi ostensiblement erratiques?

Même s’il n’est pas plus honorable, parce qu’il écarte de l’Esprit et rive à la terre, l’esprit de possession (qui se dit aussi possessivité) orienté vers l’accumulation de biens n’est dommageable qu’à celui qui se laisse posséder par lui.  Mais quand il implique une main mise sur autrui, une relation de dominant et de dominé entre deux êtres, de l’impatronisation dans la vie d’autrui, peu importe l’apparent noble prétexte,  il devient purement aberrant, régressif et ré-prouvable.

Il faut comprendre ce que cache l’esprit de possession pour bien comprendre les allégations qui précèdent.  Il implique un attachement excessif ou exclusif aux aspects contingents de la vie en incarnation.   Il se fonde sur une peur plus ou moins reconnue et avouée de perdre un bien matériel ou les avantages qu’il représente.  Cette crainte compréhensible dans un monde où il n’est pas facile d’assurer sa survie, culmine dans la peur de la mort, qui  semble l’échéance la plus cruelle et la plus arbitraire.

L’acquisivité, qui se cache derrière la possessivité, exprime un désir de s’assurer une certaine pérennité en conquérant, en asservissant ou en exploitant le monde concret, en augmentant ses biens, en agrandissant son territoire, en accumulant des réserves, en s’inféodant les autres, en y jouissant le plus qu’il est possible, peu importe si cela se fait au détriment d’autrui.  Car, dans l’ordre de la survie, c’est la loi du plus fort qui ne tarde pas à prévaloir, ce qui amène souvent l’être humain à se rabaisser au niveau de la bête.  Et plus un être possède, plus il se sent facilement légitimé de se procurer les moyens ou les armes propres à mettre en échec la convoitise d’autrui.  Car celle-ci peut toujours s’exercer à l’endroit de ce qu’on a durement ou laborieusement accumulé, surtout en cas de pénurie.

Certains développent l’esprit de possession parce que, vides intérieurement, confondant les moyens avec la fin, ils ne connaissant rien de la nécessité de poursuivre une quête spirituelle.  Alors, ils cherchent légitimement à vivre dans le confort et à s’assurer le bien-être.  Mais ils en viennent facilement à privilégier l’avoir à l’être et à confondre l’amour avec l’affection, cette dernière se démontrant généralement plutôt collante.   D’autres, c’est pour établir leur notoriété.    Ceux-là y trouvent un moyen de se valoriser, de flatter leur ego, par exemple en démontrant leur adresse ou leur intelligence.   D’autres le font pour s’assurer une garantie contre d’hypothétiques atteintes de la part d’autrui.   Avec de telles motivations, il y a fort à parier qu’un être réprouvera l’esprit communautaire, l’appel à la fraternité et à la solidarité, qui devrait se vivre dans le respect de l’intégrité, de l’autonomie, de l’indépendance et de la liberté de chacun.

Chez l’être humain, la pulsion innée de préservation ou de conservation s’efforce de se renforcer par l’acquisition de ce qu’il croit nécessaire et par la volonté de défendre ces acquisitions contre le même désir d’appropriation de ses semblables, dût-il les éliminer pour y arriver, s’il manque de conscience.  En cela, chacun répond à ses sentiments et à ses pensées à partir desquels il établit son sens des valeurs.  Ses sentiments et ses pensées personnelles, comme ses désirs et ses aspirations, peuvent dégénérer en émotions, en ambitions, en passions, selon les valeurs favorables ou défavorables qu’il attribue personnellement aux choses, aux êtres et aux événements.

Autrement dit, l’être évoluant apprend ou conçoit progressivement, au gré de ses expériences, que certaines choses et certains événements satisfont apparemment des désirs et des appétits sensibles alors que d’autres les frustrent ou les exaspèrent.  Il en résulte que chaque être humain en vient à chercher à acquérir ou à posséder, à s’approprier des biens en propre ou à dominer des gens, ce qui satisfait sa personnalité et fait ce qu’il appelle son bonheur, sans se rendre compte qu’il augmente son enfermement dans la matérialité et la dualité.  Car ces désirs et ces appétits étant, par leur nature, insatiables, ils l’amènent à vouloir toujours posséder et dominer davantage.

C’est ainsi que riche, il veut devenir millionnaire et, une fois devenu millionnaire, rentrer dans la famille sélecte des milliardaires.  Sans compter que, ce qui constitue le bonheur de l’Un ne fait pas nécessairement le bonheur de l’autre.  En effet, les affects et les appétits, au fondement du désir et de la motivation d’agir, varient d’un sujet à un autre.  Sauf que, peu importe de quelle manière chaque être évalue ces choses ou conditions, elles deviennent ce qu’il souhaite obtenir pour satisfaire son ego.

Tout être qui laisse son désir de possession prendre des proportions désordonnées, parce qu’il n’a pas de valeurs spirituelles pour les pondérer, peut devenir implacable, arbitraire et impérieux, même sanguinaire, dans la poursuite de sa fin.  En cela, la majorité des êtres humains répriment leurs désirs effrénés de possession uniquement parce qu’ils réprouvent l’effort pour les satisfaire ou qu’ils redoutent la contrainte des lois que la société impose pour les faire respecter.  Les gens sont souvent plus vertueux par la menace de la contrainte de la force que par véritable conscience spirituelle.   Ils ne se retiennent pas par sens moral de modération mais par la crainte d’un plus grand mal, en cas de sanction.

Qu’est-ce qui explique que même les riches en veulent toujours davantage?  Le fait très simple que l’acquisition de plus de choses procure une satisfaction du désir pulsionnel lui-même.  L’obtention d’une réalité, ajoutée au défi de l’obtenir, procurent en eux-mêmes un grand plaisir.  La possession renforce l’ego étendant son influence par une présumée distinction.  Ce qui conduit ultimement des peuples au désir de conquête par la force ou par la guerre.

En général, pour qui sait observer en toute équité, les nations du monde entrent en lutte pour défendre leurs acquis, très souvent très égoïstes, ou pour les accroître, les présentant toujours comme des propriétés nécessaires et inaliénables : acquisitions physiques, intellectuelles ou morales.  Et, de victoire en victoire, elles ne se gênent plus de soumettre des gens plus faibles et plus pauvres sans même penser à chercher à savoir si elles ne favorisent pas des intérêts personnels, financiers, commerciaux, politiques, moraux, religieux, culturels, fanatiques ou hystériques, ce qui est toujours le cas dans le déclenchement d’une guerre, qui reste, dans le contexte de l’Unité cosmique, une intervention fratricide.  Voilà comment la peur de perdre pousse à vouloir combler ses carences, ses faiblesses, ses limites, la pénurie, le sentiment d’impuissance par tous les moyens.

L’esprit de possession peut se déguiser de plusieurs manières : la volonté de diriger autrui, de le changer, de le contrôler;  cultiver des attentes à l’endroit des autres, décider des choses sans vérification auprès de toutes les personnes concernées, donner en espérant recevoir; refuser d’accorder des droits légitimes, nier le besoin d’autrui, s’autoriser à lui raconter n’importe quoi;  rejeter les désirs d’autrui, s’ils briment les siens, écarter son opinion, empiéter sur son territoire, violer son espace psychique;  vouloir tout savoir de son passé, chercher à tout comprendre de lui, exiger qu’il prenne constamment son parti, s’attendre à ce qu’il prenne sa défense en cas de litige par simple solidarité, quitte à mentir pour tirer un allié du pétrin.

Au final, l’esprit de possession amène un être à croire que son bonheur ou que sa valeur s’évaluent à la quantité ou à la qualité des biens, au pouvoir qu’il détient, à la grandeur de son patrimoine ou de son rôle, à sa réputation, à sa célébrité ou à sa notoriété.   Pas étonnant que s’il ne répond pas à ses propres normes subjectives et arbitraires, des plus biaisées, il en vienne à croire qu’il ne peut être quelqu’un,  que la vie n’a pas de sens ou de valeur, qu’il se sente fini ou abandonné du reste des créatures.

Celui qui veut s’assurer de participer à l’Ascension qui s’annonce ne peut que se présenter nu au seuil du Portail lui permettant d’accéder à d’autres dimensions plus clémentes, celles de la Grâce divine.  Cela implique qu’il doive se détacher complètement de ses attentes mondaines et matérialistes, qu’il doive écarter tout contrôle sur lui-même et tout empire sur autrui, même tout favoritisme et toute préférence, et qu’il ne nourrit plus aucune attente égotique.  Autrement dit, il n’aspire plus qu’à se réaliser, sans condition, dans la Lumière divine.

 

© 2012 Bertrand Duhaime (Douraganandâ)  Note : Autorisation de reproduire ce document uniquement dans son intégralité –donc sans aucune suppression, modification, transformation ou annotation, à part la correction justifiée d’éventuelles fautes d’accord ou d’orthographe et de coquilles– veillant à en donner l’auteur, Bertrand Duhaime (Douraganandâ), la source, http://www.lavoie-voixdessages.com ou Bertrand Duhaime «Facebook», et d’y joindre la présente directive, en tête ou en pied de texte. 

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Responses

  1. Belle analyse des rapports humains pervertis. « Avoir, vouloir, pouvoir », dixit Charles-Rafaël Payeur.
    Se réaliser complétement ? Rude tâche pour les humains que nous sommes. Mais avec la Grâce Divine tout est possible…

  2. Quand Nous touchons notre Moi intérieur, nous n’allons plus chercher à l’extérieur, nous sortons des dépendances et vive LA LIBERTÉ!!
    Coeurdialement

  3. Vive la Liberté d’être et d’aimer.

    • Oui, s’aimer c’est LA LIBERTE !!!

  4. Parfaitement, en plus elle libère les êtres autour de nous : « Quand je m’aime, l’autre s’aime mieux »


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