Publié par : Mébahiah | 5 septembre 2011

L’ATTENTE

Êtes-vous quelqu’un qui attend généralement ? Quel pourcentage de votre vie passez-vous à attendre ?
Ce que j’appelle « l’attente à petite échelle », c’est faire la queue au bureau de poste, être pris dans un bouchon de circulation, ou à l’aéroport. Ou encore anticiper l’arrivée de quelqu’un, la fin d’une journée de travail, etc. « L’attente à grande échelle », c’est espérer les pro­chaines vacances, un meilleur emploi, le succès, l’argent, le pres­tige, l’illumination. C’est attendre que les enfants grandissent et qu’une personne vraiment importante arrive dans votre vie. Il n’est pas rare que des gens passent leur vie à attendre pour com­mencer à vivre.

Attendre est un état d’esprit. En résumé, vous voulez l’ave­nir, mais non le présent. Vous ne voulez pas de ce que vous avez et désirez ce que vous n’avez pas. Avec l’attente, peu importe sa forme, vous suscitez inconsciemment un conflit intérieur entre votre ici maintenant, où vous ne voulez pas être, et l’avenir projeté • que vous convoitez. Cela réduit grandement la qualité de votre vie en vous faisant perdre le présent.


II n’y a rien de mal à essayer d’améliorer vos conditions de vie, et vous pouvez le faire. Par contre, vous ne pouvez améliorer votre vie. La vie passe avant tout.


La vie est votre Être intérieur le plus profond. Elle est déjà entière, complète, parfaite. Ce sont les circonstances et vos expé­riences qui constituent vos conditions de vie.


Il n’y a rien de mal à aspirer à certains buts et à vous efforcer de les atteindre. L’erreur, c’est de substituer cette aspiration au sentiment de vivre, à l’Être. Le seul point d’accès à l’Être, c’est le présent. Vous êtes donc comme l’architecte qui ne prête aucune attention aux fondations d’un édifice, mais passe beaucoup de temps sur la superstructure.

Par exemple, bien des gens attendent que la prospérité vienne. Mais celle-ci ne peut arriver dans le futur. Lorsque vous honorez, reconnaissez et acceptez pleinement votre réalité pré­sente et ce que vous avez – c’est-à-dire le lieu où vous êtes, ce que vous êtes et ce que vous faites dans le moment -, vous éprouvez de la reconnaissance pour ce que vous avez, pour ce qui est, pour le fait d’Être. La gratitude envers le moment présent et la pléni­tude de la vie présente, voilà ce qu’est la vraie prospérité.
…..

LE SENS ÉSOTÉRIQUE DE L’ATTENTE

Dans un certain sens, l’état de présence peut se comparer à l’attente. Jésus a eu recours à cette métaphore de l’attente dans quelques-unes de ses paraboles. Il ne s’agit pas de la sorte d’attente ennuyeuse ou agitée dont j’ai parlé plus tôt et qui est une négation du présent. II ne s’agit pas non plus de l’attente où l’attention est fixée sur un point dans le futur et où le présent est perçu comme un obstacle indésirable qui vous empêche-d’obtenir ce que vous voulez.

Il existe une autre sorte d’attente dont la qualité est très différente et qui exige de votre part une vigilance totale. Quelque chose pourrait se manifester à n’importe quel moment, et si vous n’êtes pas totalement éveillé, totalement immobile, vous passerez à côté. C’est de cette sorte d’attente dont Jésus parle.

Dans cet état, toute votre attention se trouve dans le présent. Il n’en reste rien pour rêvasser, penser, se souvenir et anticiper l’avenir. II n’y a là aucune tension ni aucune peur : seulement une présence vigilante. Vous êtes présent à tout votre être, à chaque cellule de votre corps. Dans cet état, le « vous » qui a un passé et un futur, la personnalité si vous voulez, n’est quasiment plus là. Et pourtant, rien de significatif n’est perdu. Vous êtes encore essentiellement vous-même. En fait, vous êtes plus totalement vous-même que vous ne l’avez jamais été, ou plutôt ce n’est que dans le « maintenant » que vous êtes véritablement vous-même.

« Soyez comme le serviteur qui attend le retour de son maître », dit Jésus. Le serviteur n’a aucune idée de l’heure à laquelle son maître reviendra. C’est pour cela qu’il reste éveillé, vigilant, prêt, tranquille, sinon il ratera l’arrivée de son maître.

Dans une autre parabole, Jésus parle des cinq femmes étourdies (inconscientes) qui n’ont pas assez d’huile (conscience) pour faire brûler leur lampe (rester présentes) et qui manquent ainsi le marié (le présent) et ne réussissent pas à se rendre au banquet de noces (l’illumination). Ces cinq femmes étourdies font pendant aux cinq femmes sages qui ont assez d’huile (qui restent conscientes).

Même les hommes qui ont rédigé les Évangiles ne comprenaient pas le sens de ces paraboles. C’est ainsi que les premières fausses interprétations et des distorsions se sont insinuées dans les Écritures. Avec, ultérieurement, d’autres fausses interprétations, le véritable sens des paraboles s’est complètement perdu.

Ces paraboles ne traitent pas de la fin du monde mais de la fin du temps psychologique.

Elles font référence à la transcendance de l’ego et à l’idée qu’il est possible de vivre dans un état de conscience entièrement nouveau.

Extrait  » Le Pouvoir du Moment Présent
Eckart Tolle

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