Publié par : Mébahiah | 18 juin 2011

Solstice d’été 2011

Le thème runique du solstice d’été de cette année réunit les runes Hagalaz ( Soleil à 0° cancer ) et Raidho (Ascendant à 4° sagittaire ).

L’association de ces deux runes met en scène un paradoxe. Celui du voyage, une des symboliques de Raidho, voyage des formes et des énergies, contenues dans la structure fixe que représente Hagalaz.

Dans la tradition nordique, les runes liées, où deux caractères ou plus sont combinés, créent de nouvelles formes dotées de pouvoirs spécifiques. Ainsi Hagalaz et Raidho constituent, en magie runique une puissante rune liée de retour : le lieu où l’on est forcé de revenir après avoir accompli un voyage de sorcier dans d’autres mondes.

Comment ne pas penser au retour à soi même, à la totalité de nous même, à notre essence.

HagalazAvec Hagalaz, l’être revient à lui-même et découvre sa structure profonde.

Réaliser cette structure n’est pas facile.

Réorienter notre vie en fonction de la découverte de notre essence nécessite d’aller à contre courant de la société et de la famille.

Hagalaz étant rattachée au Pourpre, couleur elle-même reliée aux masques, le défi à relever ne serait-il pas de troquer le masque du conformisme et de  la morale du monde pour le masque implacable mais souple du guerrier ?

Destruction pour réussir une transformation. A l’image de la grêle, autre représentation de Hagalaz, une fois que celle-ci a accompli ces dommages, elle fond en eau. Une eau inoffensive, et même bénéfique.

Hagalaz,  une histoire que voici :

Une chaude journée d’été, le ciel s’est soudain voilé d’épais nuages noirs.

Les hirondelles volent en tout sens, poussant leur cri de chasse strident.

Tout est pesant et immobile.

Mais voilà l’eau qui fend cette atmosphère épaisse, se déversant en un torrent sauvage.

Et puis cette eau devient solide, elle se transforme en grêle, frappant tout sur son passage, petites billes de glace nous mettant face à l’immense magie de la nature.

Elle arrive sans prévenir et cesse l’instant suivant.

Les grêlons froids et durs recouvrent tout, mais cette glace est née au cœur de l’été, elle n’est pas fille de l’hiver.

Et très vite elle se transforme à nouveau et fond, libérant son eau vivifiante.

La grêle est un des mots associés à cette 9ème rune, Hagalaz.
Bien sur elle peut paraître dure et destructrice, mais avant tout, elle contient en elle l’eau nourricière et force de vie.

Tout réside dans notre manière de l’appréhender.
D’un côté, la glace qui brise et détruit, de l’autre l’eau qui nous aide à croître.


Des éléments de notre passé peuvent se présenter à tout instant dans notre quotidien, nous rappelant que nous sommes conditionnés pour chuter. Ce passé se déverse alors sans crier gare et met à mal tout le travail accompli. Il suffit de trois fois rien pour faire ressortir cet égo qui ne veut pas lâcher prise.

Mais nous avons le choix, il nous suffit d’accepter d’être touché par cette averse de grêle, de regarder ce qu’elle nous montre, de ne pas le renier ni l’enterrer au plus profond de nous-même pour que ça ne fasse plus mal. Le vivre pleinement et voir que la vie est juste là, derrière cette barrière solide et froide qui nous a frappés de plein fouet.

Le dessin d’Hagalaz formé par ces trois traits nous parle de ce passé se déversant dans notre présent. Oui, nous venons d’une famille, d’une lignée, nous avons un passé, une histoire qui nous a menés là où nous sommes aujourd’hui.

Nous nous débattons au milieu des buissons épineux de notre égo, mais nous avons la chance de pouvoir observer tout ce bric-à-brac à la con.

Et le trait central d’Hagalaz nous montre justement cela. Ce trait n’est pas fixe, il peut s’incliner dans le sens contraire, pour que nous puissions aller consciemment voir ce passé, pour pouvoir le rêver à nouveau, pour pouvoir le récapituler et qu’il ne se déverse plus comme cette averse de grêle dévastatrice.

Cette barre reliant passé et présent devient alors souple et mouvante, elle accompagne notre cheminement, bougeant au grès de nos explorations.

Hagalaz nous dit :
« Oui, le chemin de la découverte de soi est parsemé d’épreuves et de doutes.
La meilleure attitude est de s’harmoniser avec la nature et ses cycles, avec notre propre nature authentique.
Acceptez votre sort en accomplissant votre destinée. »

Hagalaz se trouve en 9ième position dans  le Futhark germanique qui compte 24 runes.

Le chiffre 9 joue un rôle particulier dans les rites chamaniques, comme dans beaucoup d’autres traditions.

La tradition nordique dénombre 9 mondes et 9 centres énergétiques.

Odin, archétype du dieu guerrier – dieu chamane, suspendu à Yggdrasill, l’arbre cosmique, durant 9 jours et 9 nuits découvre les 24 runes.
Il enseigne par son exemple.

Se mettre en quête de la connaissance des mystères de la vie.

Ce en quoi, Odin emprunte à sa manière le chemin du guerrier décrit par Castaneda, pour détruire le mensonge et réaliser la volonté de l’être intérieur.

Et voilà deux traditions réunies autours des trois préceptes de la Voie du Guerrier :

A l’instar du dieu guerrier Odin,

Nous devons considérer que tout ce qui nous entoure est un mystère insondable.
Nous devons essayer de découvrir ce mystère sans même espérer y parvenir.
Enfin, conscient de ces deux points, nous prenons la place qui nous revient parmi les mystères (autres noms parfois donnés aux runes) et nous nous considérons comme l’un d’eux.


RaidhoLes lois cosmiques nous invitent à trouver la cohérence dans chacun de nos actes pour se relier de plus en plus souvent à l’Esprit, à la connaissance silencieuse, au violet de Raidho.

Poser des actes justes afin de cheminer en détente vers de nouvelles expériences.

Raidho se donne pour mission de nous aider à canaliser notre énergie pour être à la bonne place, au bon moment pour l’acte approprié.

C’est tout simplement mettre de l’ordre et de la présence dans notre vie.

Raidho et le phonème « r » qu’il représente va apporter du Rituel, des Règles et du Rythme à la recherche de structure de Hagalaz.

Raidho, c’est une dynamique très réglementée, c’est la Magie du Rythme sans laquelle la Vie ne serait pas ce qu’elle est.

Raidho c’est la transformation des expériences en règles de vie, en respect de notre rythme personnel, plus exactement du rythme de notre double.

Raidho, c’est l’image du cheval et de son cavalier. Non, Raidho ne nous demande pas de tous nous mettre à l’équitation !

Raidho nous montre que nous sommes ce cavalier et sa monture. La monture est notre corps physique et le cavalier est celui qui guide la monture.

Encore une fois nous avons le choix. Soit c’est la cuirasse qui guide tous nos faits et gestes, soit c’est notre double.

L’agencement du dessin de Raidho évoque un pas, le pas que nous devons faire pour nous extirper de notre conditionnement qui nous fait croire que tous ces comportements, c’est « nous ».

Raidho nous parle de simplicité, de la simplicité de faire confiance à notre double, de le laisser prendre les rênes, de le laisser nous emmener là où nous allons nous accomplir.

Tout dépend de ce que nous voulons profondément.

Une vie de dur labeur ne portant jamais ses fruits, jalonnée d’obstacles infranchissables que nous nous créons pour chuter ?

Ou bien une vie de confiance, simple mais pas facile comme le dit si bien notre ami Rudy, avec en point de mire ce but totalement abstrait qu’est la Liberté ? Où le cavalier et son cheval ne forment plus qu’un seul et même être cheminant au grès du courant de l’Énergie.

Raidho,  comme dans un rêve de chevauchée, nous invite pour une danse rythmique puissante et solaire, dans laquelle  l’Esprit nous chevauche et nous guide dès lors qu’on se rend disponible pour cette « sacrée » aventure humaine du développement de notre conscience.

Structure (Hagalaz) et cheminement (Raidho) sont au rendez-vous pour ce solstice d’été, afin que nous parcourions ces sentiers sauvages et magnifiques.

Ces deux runes nous demandent de mettre en lumière tout ce qui nous fait tourner notre regard vers le passé, et de réaliser de ce fait qu’il nous suffit de changer la direction de notre regard, de le tourner vers l’intérieur, non pas vers notre petit nombril atrophié mais vers la Splendeur du Monde, pour enfin nous Souvenir de nous-même.

 Écrit par Nalia & Eïhal   

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Responses

  1. « Nous devons considérer que tout ce qui nous entoure est un mystère insondable.
    Nous devons essayer de découvrir ce mystère sans même espérer y parvenir.
    Enfin, conscient de ces deux points, nous prenons la place qui nous revient parmi les mystères et nous nous considérons comme l’un d’eux. »

    Cette phrase m’a été offerte hier, puis aujourd’hui…

    Heureusement que Tu es là : elle était passée inaperçue à mes yeux!

    J’accepte d’être un mystère…

    Bizzz!!!

    LM


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